Ma conception du bonheur

Grand nombre de philosophes, psychologues et écrivains se sont penchés sur le concept existentiel du bonheur. Au travers de ces quelques lignes je souhaiterais vous partager ma réflexion et l’idée que je me fais du bonheur.

Depuis la nuit des temps, le bonheur a toujours été présenté comme la quête suprême de l’existence humaine, un état à atteindre pour parvenir à une vie accomplie. Le bonheur est défini comme un état durable et stable de satisfaction complète caractérisé par une sensation de plénitude agréable entre le corps et l’esprit et dont la souffrance, le stress, l’inquiétude et le trouble sont absents. Le bonheur ne doit pas être confondu avec le plaisir ou la joie qui constituent des sentiments agréables courts et limités dans le temps.

Toutefois le bonheur est indéterminé, il n’y a pas d’éléments précis qui le définissent et sa définition résulte de l’interprétation personnelle que chacun s’en fait. Le bonheur dépend aussi de notre histoire, de notre éducation et de nos valeurs. Il semble bien exister une acceptation commune sur des principes généraux tel que l’amour, la famille, l’amitié, le plaisir et le bien-être sont des composantes du bonheur, mais ce qui peut nous y conduire reste malgré tout indéterminé.

Inévitablement, dès notre plus jeune âge et de manière alors encore inconsciente nous nous lançons dans la recherche de cet idéal, de cet optimum fantasmé, tout en n’étant pas capable de déterminer concrètement l’objet de notre recherche. Dès les premières années de notre vie nous développons la croyance que la source de notre bonheur se trouve dans notre monde extérieur. Cela commence naturellement par nos parents et notre environnement familial et devient rapidement la source de nos premières déceptions et souffrances.

Très rapidement, un autre obstacle s’immisce dans notre recherche du bonheur :le système capitaliste dans lequel nous évoluons et qui tire aujourd'hui largement profit de cette quête universelle en nous permettant de croire que le bonheur pourrait être atteint au travers de l’acquisition de biens matériels ou d’expériences liées à la reconnaissance sociale.

Au fur et à mesure que nous évoluons dans notre vie et que nous élargissons notre cercle social, nous multiplions aussi les expériences désagréables qui peuvent nous donner l’impression de nous éloigner plus encore du bonheur. Les premières déceptions amoureuses marquant souvent le point culminant de notre insatisfaction à être heureux.

Étant donné que la conception du bonheur est une vision unique à chaque individu, il n’est pas rare que notre entourage ne parvienne pas à comprendre nos souffrances. Ce sentiment peut être d’autant plus accru lorsqu’aux yeux de notre entourage, nous disposons d’une abondance de ce qu’il est communément considéré comme les composants essentiels du bonheur. Ce manque de compréhension de notre cercle social génère souvent un sentiment de solitude et d’isolement qui peuvent nous amener à expérimenter de la dépression et parfois même dans les cas les plus graves générer des idées suicidaires.

Tant que nous restons dans la croyance que notre bonheur dépend d’éléments extérieurs et n’est pas en notre contrôle, cette recherche inconditionnelle a donc pour effet paradoxal de nous en éloigner et de générer de la souffrance et de l’insatisfaction.

Au travers de mon expérience personnelle, j’ai pu observer que pendant trop longtemps j’ai adopté une attitude de victimisation, pensant que mon inhabilité à trouver le bonheur résultait de souffrances dont j’étais « victime ».Je répliquais automatiquement un mécanisme dans lequel j’avais grandi, qui me semble avoir été perpétué par mes parents depuis mon plus jeune âge et dont les origines remontent probablement loin dans ma généalogie. J’imagine que cette pratique résulte d’un instinct de survie et de protection face à la douleur, et il est évidemment plus facile d’attribuer notre inhabilité à être heureux à autrui plutôt que de se remettre en question. 

Mon chemin de vie m’a amené à vivre des expériences extraordinaires et me présenter ce qui aurait put être considéré comme les composants parfaits d’une vie heureuse et épanouie. J’ai eu l’opportunité de vivre des moments de plaisir intense et de grandes joies mais malgré cette abondance de confort social et matériel, je restais toujours insatisfait.  

La peur, la jalousie, la colère, l’avidité et l’attachement brulant encore trop fort en moi m’empêchaient de trouver le bonheur. Plus j’avançais dans le confort plus le bonheur me semblait s’éloigner de moi. Les moments de plaisirs et de joies devenaient de plus en plus éphémères et je les répétais donc de plus en plus régulièrement, recherchant toujours plus d’adrénaline, d’amour et d’extraordinaire, comme des shots de bonheur momentanés passant du paradis à l’enfer et de l’enfer au paradis en trimballant mon fardeau d’insatisfactions.

Au fur et à mesure que j’avançais sur ce chemin qui pouvait éventuellement sembler incroyable à certain observateurs externe, plus j’attirais des personnes dans une énergie de souffrance similaire à la mienne, s’enfonçant dans une recherche effrénée du bonheur sans même pouvoir le définir, en quelque sorte des miroirs de mon mal-être.Ce phénomène a contribué à nourrir la création de ma réalité individuelle, pour finalement me donner dans le sentiment que le bonheur ne pouvait être atteint.

J’ai compris qu’aussi loin que je puisse aller dans l’expérience du plaisir éphémère, cette approche ne me permettrait pas de trouver la sérénité et la plénitude nécessaire pour vivre l’expérience du bonheur. J’ai alors décidé de prendre du recul et de m’accorder un temps de réflexion, de prendre du temps pour moi.

La pensée Bouddhiste est construite sur la pensée que l’on ne peut mener une existence sans expérimenter la souffrance. Cette réalité décrite comme Dukkha signifie la douleur, la souffrance, l’insatisfaction et le mal-être. Cette philosophie de vie se construit sur la pensée que le seul moyen de s’arranger avec notre souffrance est de la comprendre, de s’ouvrir à elle, de l’accueillir et de l’accepter comme faisant partie de nous.

Au travers de mes enseignements je suis parvenu à me détacher de mes habitudes émotionnelles afin de pouvoir expérimenter le moment présent avec plus de sérénité et en ne laissant plus l’énergie de mes souffrances prendre le contrôle. En rompant avec les pièges et les automatismes de ces habitudes j’ai finalement pu comprendre que ma souffrance dépendait entièrement de l’interprétation que je me faisais de mes expériences, que le véritable ennemi n’était pas à l’extérieur mais à l’intérieur de moi. 

De la même manière, j’ai également pu comprendre que nous sommes les alchimistes de notre bonheur. Les expériences extérieures, tout aussi traumatisantes puissent-elle nous sembler, ne définissent pas notre réalité et ne peuvent pas nous éloigner du bonheur.

Je pense que la clé du bonheur réside dans le sens de notre vie et qu’il est probablement impossible de pouvoir l’expérimenter pleinement avant d’avoir trouvé notre raison de vivre. Je pense aussi que le sens de notre vie ne peux que s'inscrire dans une dynamique altruiste, et que nous ne pouvons être pleinement heureux si le reste de la planète est dans la souffrance. Personnellement, j’ai trouvé ma mission en me mettant au service des autres pour les soutenir sur leur chemin d’éveil et en trouvant les moyens de faciliter la transition globale que nous expérimentons pour le moment afin d’avancer tous ensembles vers la nouvelle terre. 

Ma conception du bonheur réside dans ma résilience, mon habilité à lâcher prise par rapport à mes souffrances pour pouvoir me connecter pleinement au moment présent quelle que soit la situation que j’expérimente. Observer et accepter ce qui se passe autour de moi sans pour autant en laisser l’énergie m’atteindre si elle ne me nourrit pas positivement. Cette capacité de l’esprit de faire la part des choses entre ce qui est vrai et ce qui est ressenti était décrite comme le « noos »en philosophie dans l’antiquité grecque.

En accédant à mon « noos » j’ai acquis la capacité de me détacher du conditionnement familial et social afin devenir ma propre source de bonheur et de rester en paix en toute circonstances. La connaissance de soi et cette guérison du coeur me semble être la base pour pouvoir commencer à nous aimer nous-mêmes et vivre des relations saine et harmonieuses.

Il me semble important de préciser que cet exercice de lâcher prise n’implique pas de refouler nos émotions douloureuses ou négatives, mais bien d’accepter leur présence sans pour autant les laisser nous contrôler. Cela demande de faire preuve d’une grande compassion à l’égard de soi-même et d’apprendre à s’aimer avec nos imperfections.

Lorsque je m’applique pleinement dans cet exercice et que je vis ce que je conçois comme le bonheur, ma vibration devient si puissante que je peux ressentir un flux énergétique positif intense traverser mon corps physique et je ressens un plaisir et une joie qui peuvent s’assimiler à de l’extase. Cet état de satisfaction global se caractérise par sa stabilité et sa durabilité, et lorsque je reste aligné sur mon sens et mes valeurs aucun élément extérieur n’a le pouvoir de l’affecter ou de le modifier. De cette manière je peux me mettre au service du bonheur des autres sans les affecter de l'énergie de mes souffrances.

Mon expérience de découverte du bonheur alors que je me suis si longtemps laissé guidé par mes souffrances me permet de penser que chacun dispose des capacités innées pour atteindre le bonheur également. Cette pensée s’est transformée en vision, et comme John Lennon le disait, j’espère qu’au travers de ma mission beaucoup d’autres personnes pourront trouver leur sens et vivre l’expérience du bonheur, que le monde ne fera plus qu’un.

Antoine

Article posté le
March 16, 2021
 dans la catégorie
Témoignages
par
Antoine SepulchreAntoine Sepulchre

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