Mais il est où le bonheur, il est où ?[1]

Avant-hier

Autrefois, le bonheur se gagnait après une vie de labeur et de bonne conduite. Le bonheur n’était pas sur terre mais au paradis.

Hier

A l’inverse,  durant ces dernières décennies, le bonheur est devenu un objet de consommation, une satisfaction immédiate au travers de l’acquisition d’objet, de lieu de vacances.

 

Aujourd’hui

Et aujourd’hui ? il est où le bonheur ? Jamais il n’a été autant recherché, décliné en développement personnel, en techniques de bien-être. Pour autant, sommes-nous plus heureux que nos parents et grands-parents ? Certes, nous vivons dans plus de confort mais ce n’est pas certain que cela contribue à être heureux. Ce qui tient lieu de bonheur est souvent lié à des joies ou des satisfactions dépendantes des circonstances extérieures.

En thérapie

Le bonheur, c’est le chemin, c’est le travail que nous allons effectuer pour sortir d’une position de victime ,pour arrêter de donner « une télécommande aux circonstances extérieures »,image parlante utilisée par le philosophe Alexandre Jollien.

Certains d’entre nous abritent aussi à l’intérieur d’eux-mêmes un juge intransigeant, exigeant qui les empêche de se traiter avec bienveillance. On peut être son propre bourreau ! Difficile dans ce cas de s’octroyer des petits bonheurs, des moments de récréation où on profite de la vie.

Le bonheur demande d’accepter une dose d’inconfort. Aller à la rencontre de sa souffrance, de ses angoisses, de ce qui est resté lettre morte en nous. Il y a une souffrance qui fait progresser, celle qu’on assume, une souffrance « intelligente », illuminée par la compréhension. Ce chemin d’intériorité nous permet, à terme, d’être moins envahi par des émotions perturbatrices.

Cette rencontre avec nous-même est un préalable pour rencontrer l’autre dans sa différence, difficile de concevoir d’être heureux en étant coupé de l’autre.

Et au-delà…

Ce que l’existence nous donne, nous refuse, nous enlève contribue à notre bonheur. Pouvons-nous parvenir à installer un fond de bonheur stable, comme une disposition de l’esprit ?

Est-ce que je peux me dire :« oui, je suis heureux/se » ? Est-ce que j’ai tout simplement envie d’être heureux/se ou est-ce qu’il y a encore une part de moi qui trouve un bénéfice quelconque à ne pas l’être, qui croit que cela fait sa valeur ?

Gurdjieff[2]dit : « essayez de comprendre ce paradoxe apparent : rien ne pourra être acquis sans la souffrance et en même temps vous avez à sacrifier votre souffrance. Et c’est ce que les gens sont le moins disposés à sacrifier ».

Je nous laisse méditer cette phrase.


[1] Titre d’une chanson de Christophe Maé

[2] In Fragments d’un enseignement inconnu

Article posté le
March 20, 2021
 dans la catégorie
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Catherine PiletCatherine Pilet

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